Présidentielles : Sur Africa 24, les candidats d’opposition dénoncent des irrégularités

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Malgré le site web gouvernemental qui martèle que l’élection s’est déroulé « très normalement », et malgré les conclusions de Mme Emilie Béatrice Epaye, présidente de la Mission d’observation de la CEMAC, qui a déclaré sur Africa 24 : « Tout n’était pas parfait, mais nous n’avons pas observé de grands dysfonctionnements », les candidats d’opposition n’ont pas la même appréciation du scrutin.

Buenaventura Monsuy Asumu+Ainsi, Buenaventura Monsuy Asumu, leader de la Coalition social-démocrate (dit Baboro), qui déclare qu’il y a eu des bureaux de vote, et même dans la capitale elle-même, où il n’y avait même pas de bulletins à son nom, et qu’en certains lieux des pères de famille déposaient jusqu’à cinq bulletins pour toute leur famille.

Pour sa part, l’opposant Avelino Mocache Mehenga, leader de l’UCD, déplore qu’on lui ait communiqué une liste des bureaux de vote qui ne correspondait pas à la réalité du terrain : « La cartographie des bureaux de vote était confuse, c’était carrément différent de ce qui nous avait été communiqué et cela a rendu difficile l’accréditation de nos délégués dans ces bureaux. C’était un piège… »

En outre, Buenaventura Monsuy Asumu a affirmé que tous les bureaux de vote étaient constitués d’agents appartenant au PDGE (parti présidentiel au pouvoir). « La totalité était du PDGE et ils refusaient la présence de l’opposition, car ils ont promis à leur président un score de 100%… », ajoutant : « Il n’y a pas de liberté de choix. Certains électeurs sont coincés, car s’ils veulent travailler, ils doivent avoir la carte du PDGE tant dans le secteur public que dans le secteur privé. Même chose s’ils veulent une bourse d’études pour leurs enfants… »

Sur la question des recours en justice, le candidat est tout aussi catégorique : « La justice est totalement soumise au pouvoir exécutif. »

InterpellaAvelino Mocache Mehenga avril2016nt la présidente de la Mission d’observation de la CEMAC, Avelino Mocache Mehenga lui demande si elle sait qui a nommé les membres de la Commission électorale et les présidents des bureaux de vote, ce à quoi elle répond par la négative. Il en tire alors la conclusion que cette Mission ne pourra jamais donner de conclusions contraires à la volonté du président Obiang Nguema, mettant clairement en doute la neutralité de ces observateurs.

Buenaventura Monsuy Asumu surenchérit en posant la question : « Ici, nous n’avons pas fait d’élection pour élire des députés au Parlement de la CEMAC, et pourtant il s’y trouve des Equato-guinéens, qui donc les a élus ? »

Sur la question des candidatures qui ont été rejetées (comme celle de Gabriel Nze de la CI) ou des partis qui n’ont pas souhaité présenter de candidats (comme la CPDS) parce qu’ils n’avaient pas confiance dans le processus électoral, Avelino Mocache Mehenga répond que c’est la liberté de chaque parti de choisir son mode d’action pour faire changer les choses, car, ajoute-t-il : « Je ne vois rien de positif dans ces élections, il y a eu les mêmes intimidations, les mêmes irrégularités… Les observateurs ont relevé le calme dans lequel s’est déroulé le scrutin, mais ils n’ont pas su interpréter pourquoi il y avait ce calme et cette sérénité. En réalité, les gens souffrent, ils vivent ces élections dans la peur et ils ont trop peur pour choisir un autre candidat [qu’Obiang]… »

Tomas Mba Monabang 5+Le candidat indépendant, Tomas Mba Monabang, apporte quant à lui un regard critique sur la croissance économique de la Guinée équatoriale qui, selon lui, ne profite pas au plus grand nombre : « Les gens ont faim, ils souffrent, alors l’Etat doit agir pour eux. La Guinée a besoin d’un progrès social qui permette à chacun de manger à sa faim. Ici, les prix sont élevés. Au Gabon, par exemple, un sac de riz de 25 kg coûte 4 à 5000 [francs Cfa], mais ici ça coûte 14 à 15 000… Il faut que le gouvernement adopte une politique sociale en faveur des plus démunis… Le problème est que l’agriculture est inexistante en Guinée équatoriale. Jusqu’à maintenant, la tomate, on l’achète au Cameroun »

Initialement, un représentant de Convergencia para la Democracia Social (CPDS) devait participer à ce débat. En effet, son Secrétaire général,  Andrés Esono Ondo, avait reçu une invitation d’Africa 24 pour venir s’exprimer, le 24 avril dernier, dans son studio, implanté temporairement à Malabo. Esono Ondo comptait expliquer les raisons pour lesquelles son parti avait décidé de ne pas participer aux élections présidentielles, mais, une heure, avant l’émission, la chaîne de télévision a décommandé le leader de la CPDS, au motif que sa formation politique n’était pas en lice dans ce scrutin. Dans un communiqué de presse, la CPDS a dénoncé une pression du gouvernement et une atteinte à la liberté d’expression.

1 réponse to “Présidentielles : Sur Africa 24, les candidats d’opposition dénoncent des irrégularités”

  1. En acceptant de participer à cette éléction vous saviez que c’était perdu d’avance. Pourquoi avoir accepté? à cause du franc électoral de 100 millions cfa? toutes les institutions qui organisent les élections sont entre les mains d’Obiang Nguema et sa famille; comme pensez-vous gagner?

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