Miguel Oyono Ndong Mifumu : “C’est en Guinée équatoriale qu’on doit parler des affaires de Guinée équatoriale”

Par | on 17 mai 2015 | 0 Comment

Miguel Oyono - Africa 24 - 30042015Le 30 avril dernier, l’ambassadeur de Guinée équatoriale en France, Miguel Oyono Ndong Mifumu était l’invité du jour sur “Africa 24” dans une émission présentée par Diara Ndiaye. C’était la deuxième fois que le diplomate était invité dans cette émission. La première fois, en novembre 2014, c’était au sujet de l’attribution de la CAN à la Guinée, suite à la défection du Maroc. Cette fois, la journaliste l’a interrogé sur l’affaire de viols sur mineurs en Centrafrique dans laquelle deux soldats équato-guinéens sont soupçonnés et sur une Conférence de presse tenue à Paris par le Parti populaire (PPGE) de Severo Moto, la Coalition pour la Restauration d’un État démocratique (CORED) d’Emely Nchama et le Front démocrate républicain (FDR).

Diara Ndiaye : – L’ambassadeur de Guinée équatoriale, M. Miguel Oyono Ndong Mifumu, est sur notre plateau, bienvenue Monsieur.

– Merci Madame.

– Avant d’aborder la question du dialogue entre l’opposition et le pouvoir en place en Guinée équatoriale, un mot sur une actualité immédiate. Des soupçons de viol pèsent sur des soldats équato-guinéens opérant en République centrafricaine. Selon un journal, le rapport en question a pour objet des abus sexuels commis sur des enfants. Est-ce que ces accusations sont avérées ?

– Madame, nous sommes surpris, pour ne pas dire scandalisés. Vouloir mouiller la Guinée équatoriale sur une affaire qui ne concerne pas nos soldats qui étaient en Centrafrique… D’abord, la Guinée n’a pas actuellement de soldats en Centrafrique. On parle de mineurs de 9, 10 ans, 13 ans… Nous, nous posons la question de savoir comment dans un contingent des Nations-Unies composé de plusieurs nations, des fillettes de 10-11 ans vont distinguer parmi les 200 soldats de la force de maintien de la paix deux soldats équato-guinéens. C’est un peu bizarre…

– Mais c’est l’enquête qui démontre que des soldats équato-guinéens seraient impliqués…

– Quoiqu’il en soit, la Guinée équatoriale n’a jamais été informée de cette enquête, ni du contenu de ce rapport. Jusqu’il y a deux jours et par la presse. C’est une ONG qui a été informée d’un rapport qui aurait dû être d’abord remis officiellement aux États concernés.

– Et si l’État équato-guinéen avait accès à ce rapport, est-ce qu’il aurait une enquête, et éventuellement des sanctions ?

Miguel Oyono - Africa 24 - 30042015 2– Évidemment, Madame. Nous n’avons pas à camoufler des faits d’indiscipline. Même dans le quotidien, en Guinée équatoriale, quand un soldat fait quelque chose d’interdit, il y a des instances, des tribunaux qui jugent ces soldats. Nous n’avons pas à cacher de telles choses, mais je vous dis que nos soldats n’ont jamais été incriminés de quoi que ce soit pendant leur séjour en Centrafrique. Mais ce qui nous pose question, c’est que ce soit une ONG et la presse qui aient eu connaissance d’un rapport qui aurait dû être d’abord soumis aux gouvernements pour que des mesures soient prises.

– Autre actualité, Monsieur, c’est l’opposition qui appelle le président, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, à un vrai dialogue.

– Cela a été fait et a été accompagné par une amnistie générale à la fin de l’année dernière. Ce dialogue a bien eu lieu. Des accords ont été adoptés et on a modifié les dispositions de certaines lois pour un meilleur exercice de la démocratie en Guinée équatoriale, mais cette opposition dont vous me parlez, ils ont refusé d’y assister.

– Parce que l’opposition en exil craint des représailles au cas où elle reviendrait dans le pays, d’éventuelles arrestations…

A partir du moment où il y a une amnistie… D’autres sont revenus… Croient-ils qu’on peut dialoguer juste en faisant des conférences de presse ?

– Pour vous, toutes les conditions sont réunies pour qu’un véritable dialogue soit amorcé ?

– Tous les partis politiques reconnus en Guinée équatoriale étaient présents à ce Dialogue. Maintenant, ceux qui ont fait cette conférence de presse doivent nous dire à quels partis politiques ils appartiennent. On nous parle de la CORED…

– Une coalition de 13 partis politiques…

– Combien ?

– 13 partis politiques

– Madame, c’est vous qui m’informez de ça… On sait qu’il y a une CORED en France, une CORED en Angleterre, une en Allemagne et une autre à Madrid… Pour commencer, il faudrait savoir qui ils sont.

– Pour vous, ce n’est pas assez clair, l’opposition en exil…

Opposants– Non, ce n’est pas clair. Parmi ceux qui ont fait cette conférence, on connaît un politicien qui a été impliqué dans plusieurs actions de mercenariat, c’est Severo Moto. Malgré cela, il a été amnistié pour qu’il puisse participer à ce Dialogue. Mais toujours il tourne en rond à Bruxelles, Paris, Madrid pour dire…

– Ils sont à l’étranger parce qu’ils sont en exil… Vous pensez qu’ils pourraient retourner en Guinée équatoriale sans aucun problème ?

 – Mais parfaitement, Madame…

– Est-ce que d’autres rencontres sont envisagées à l’avenir ?

– Le secret lié à ma fonction ne me permet pas de dévoiler certaines choses, mais ils savent bien que le président de la République leur a déjà tendu la main, et officiellement ou en coulisses ils ont envoyé des émissaires, des échanges ont eu lieu, mais nous attendons des actes…

– Quels actes attendez-vous ?

– Qu’ils nous parlent, et non pas qu’on apprenne ce qu’ils ont à dire dans des conférences de presse…

– Vous attendez qu’ils reviennent ?

– Mais ils ont été invités et ils n’ont pas voulu venir…

– Comment donc désamorcer cette situation ?

– Ce n’est pas à nous de les suivre à Bruxelles, à Paris ou à Madrid. Le Dialogue doit se tenir au pays. C’est en Guinée équatoriale qu’on doit parler des affaires de Guinée équatoriale.

– Merci d’avoir répondu à nos questions, Monsieur.

– Merci, Madame.

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(Source : Africa 24)

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