Dialogue national : L’opposition quitte la table-ronde et déplore le “monologue” du gouvernement…

Par | on 8 novembre 2014 | Un commentaire

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Le communiqué, daté de 8 novembre, a été signé par les représentants de 7 partis d’opposition  – Andrés Esono Ondo (CPDS) ; Guillermo Nguema Ela (FDR) ; Gabriel Nze Obiang Obono (CI) ; Anacleto Bokesa (MAIB) ; Daniel Darío Martinez Ayecaba (UP) ; Agustín Masoko (CNAGE) et Avelino Mocache Mehenga (UCD) – qui avaient été habilités à participer à la table-ronde du dialogue national. Déçus par la tournure des débats qui ont lieu depuis vendredi à Sipopo, ils ont pris la décision de se retirer jusqu’à nouvel ordre, après avoir publié ce message à Vicente Ehate Tomi, Premier ministre et modérateur du Dialogue national, dans lequel ils rendent le Ministre de l’Intérieur, Clemente Engonga Nguema Onguene, personnellement responsable de cet échec.

Le journaliste indépendant Samuel Obiang Mbana a témoigné, dans son blog, de l’ « ambiance électrique », de la colère de l’opposition et des « débats houleux ».

Mesa Dialogo - Andres Esono Ondo 8« Ce à quoi nous avons assisté dès le début, n’est qu’un monologue dans lequel le gouvernement impose tout », expliquent les signataires. « Le gouvernement agit comme juge et partie, sans arbitrage impartial, en ignorant magistralement l’opposition et les propositions formulées par elle. Il n’y a aucune concertation. »

Photo : Andrés Esono Ondo (CPDS)

Les opposants déplorent notamment que l’ordre du jour ait été dressé par le gouvernement et que celui-ci ne souffre pas la moindre modification. « Le gouvernement s’obstine à centrer les travaux de la table-ronde sur la révision d’un ensemble de lois, à l’exclusion de la Loi fondamentale, que, systématiquement, il omet lui-même d’appliquer en dépit de leurs nombreuses révisions. »

Mesa Dialogo - Guillermo Nguema Ela ++

Photo : Guillermo Nguema Ela (FDR)

Pour les signataires, toutes les promesses du Chef de l’État n’ont pas été tenues : « Le gouvernement refuse catégoriquement de reconnaître l’existence des prisonniers politiques qui devaient être libérés avant l’ouverture du dialogue national, en vertu du décret d’amnistie générale,signé par le président Obiang lui-même. Les prisonniers en question sont, entre autres : Alejandro Nguema Nve, Cipriano Nguema Mba, Mercedes Obono Nkoni, Emilia Abeme, Antonio Nkoni, Ticiano Obama et Timoteo Asumu, accusés sans fondement d’attentat contre le gouvernement et contre l’intégrité physique du Chef de l’État. »

Mesa Dialogo - CI 2

En outre, l’opposition déplore de ne pouvoir accéder aux médias : « Le gouvernement continue à refuser l’accès aux moyens de communication pour les partis de l’opposition, pour éviter que leur message ne parvienne à la population. De même, nous dénonçons le détournement vers le site web du gouvernement de tous les sites de l’opposition. »

Photo : Gabriel Nze Obiang Obono (CI)

En conclusion, les 7 signataires déclarent : « Dans de telles conditions, un véritable dialogue ne nous paraît pas possible. C’est pourquoi nous nous retirons de la Table-ronde  du dialogue, à notre grand regret, restant cependant ouverts et disponibles jusqu’à ce que le gouvernement prenne en compte nos propositions et décide d’organiser une négociation sincère, acceptable et crédible. »

(Source : Asodegue)

1 réponse to “Dialogue national : L’opposition quitte la table-ronde et déplore le “monologue” du gouvernement…”

  1. 9 novembre 2014

    réflexion Répondre

    Un piège qui se referme ?

    La réaction officielle ne s’est pas faite attendre, en réponse dans un long article diffusé sur le site du gouvernement de la Guinée équatoriale (Source : Bureau d’information et de presse de Guinée équatoriale)on peut lire que la demande de libération des personnes citées correspond à une demande de libération de prisonniers de droits communs et non de prisonniers politiques et nous pouvons lire ce passage adressé directement à la CPDS et autres membres de l’opposition :

    “3. Les allégations infondées du CPDS et de ses alliés constituent un attentat contre la volonté de dialogue politique national, car elles essayent de saper l’ordre constitutionnel et les lois en vigueur en République de Guinée équatoriale.”

    Un article qui introduit donc les notions “d’attentat” et de “saper l’ordre constitutionnel et les lois”, deux notions qui peuvent derechef introduire un délit de droit commun (atteinte à la sureté de l’état).

    Il s’agit ici clairement d’une menace à peine voilée, la proposition en retour est qu’il y ait une reprise du dialogue immédiate dans les termes annoncées par l’ordre du jour officiel (et réfutés par l’opposition).

    Dans le cas contraire on peut donc supposer que si l’opposition ne se plie pas à cet exercice elle prend le risque de faire la douloureuse expérience de se retrouver sous une accusation de droit commun immédiatement. Pour certains membres de cette délégation qui étaient en exil et sont venus spécialement en déplacement à cette table ronde, l’expérience risque d’être cuisante.

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