07.11.2012
- L'ambassade du Mali en Guinée équatoriale a décidé de porter
plainte et de saisir la justice, suite à l'assassinat d'un
ressortissant malien, du nom d'Ali Togo, perpétré le mardi 30
octobre 2012 par des policiers lors d'une patrouille à Malabo.
Photo : Ismaïl Cissé, consul
du Mali à Malabo
Le jeune Malien, qui circulait dans la ville, a croisé une
voiture de patrouille policière qui l'a interpellé.
Il a alors tenté de s'échapper en prenant la poudre
d'escampette. Ce qui a poussé les agents de police à l'attraper,
à le terrasser et à le rouer de coups. Transporté à la clinique
par ses camarades pour subir des soins intensifs, Ali Togo, a
finalement succombé à ses blessures.
Ali Togo est né vers 1974 à Pene, cercle de Koro, région de
Mopti. Il est le fils de Mamoudou Togo et de Djénéba Guindo. A
l'annonce du drame, l'ambassadeur du Mali en Guinée equatoriale
a appelé le chef supérieur de la police qui s'est transporté à
la clinique avec le conseiller consulaire, Bilaly Tamboura,
accompagné également du président du Conseil de base des Maliens
de Malabo pour constater le décès.
Mercredi dernier, 31 octobre 2012, le chargé d'affaires de
l'ambassade du Mali en Guinée equatoriale, le général Ismaïl
Cissé, accompagné de ses proches collaborateurs et de certains
de nos compatriotes dont le président du Conseil de base des
Maliens de Malabo, a accompagné en sa dernière demeure le
malheureux Ali Togo.
L'ambassade du Mali en Guinée equatoriale, qui a déjà informé le
ministère des Affaires étrangères et de la Coopération
internationale, a porté plainte contre X afin que toute la
lumière soit faite sur cette affaire. Elle a saisi les
ministères en charge des Affaires étrangères et de la Sécurité
nationale de la Guinée equatoriale avec des lettres de
protestation.
Les agressions sur des ressortissants africains, et
particulièrement sur des Maliens, sont fréquentes en Guinée
équatoriale, elles ont généralement pour but d'extorquer de
l'argent à de pauvres bougres, souvent des travailleurs
clandestins, et, quand elles sont commises par des policiers ou
par des militaires, celles-ci restent généralement impunies.
En mai 2012, c'est Oumar Koné, 24 ans, qui avait été tué d’une
balle dans la tête à Bata par un sergent-chef de l’armée de
terre à qui il avait refusé de donner de l’argent au cours d’un
supposé contrôle de routine.
« Depuis 2011 jusqu’à présent, 15 ressortissants d’Afrique de
l’ouest notamment Sénégalais, Maliens et Burkinabé sont
assassinés par les éléments de la sécurité équato-guinéenne »,
avait alors dénoncé le consul du Mali à Malabo n'hésitant pas à
parler de "carnage’"...
Le 4 juillet 2012, c'est le corps du Malien Abou Seydou, lui
aussi assassiné, qui avait été retrouvé tout prêt de la Salle
des Congrès de Bata, où le parti au pouvoir (PDGE) célébrait le
26e anniversaire de sa fondation.
Il y aurait aujourd'hui environ 20 000 Maliens sur le territoire
de la Guinée équatoriale dont beaucoup sont en situation
irrégulière, faute de pouvoir payer les 500 000 francs CFA
nécessaires pour renouveler leur titre de séjour. Le 14 octobre
dernier, c'était une vingtaine de Maliens, travailleurs
clandestins en Guinée équatoriale, qui regagnaient Bamako après
avoir été arrêtés et détenus pendant plus de quatre mois dans
les prisons équato-guinéennes, pour défaut de papiers.
(Source : malikounda.com)
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